29 mars 1947 – 29 mars 2007
Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, les forces populaires malgaches s’engagent dans un soulèvement armé à travers toute l’île, contre l’oppresseur colonial. La répression militaire des troupes coloniales s’abat avec atrocité sur les populations d’insurgés. Ces événements se poursuivront jusqu’en 1949.
Dans la vague déferlante des luttes des peuples du monde pour
l’indépendance, la liberté et le progrès social, le peuple malgache
revendique et assume la part qui lui revient dans ce combat commun.
Bien que petit par le nombre et faisant face à des ennemis très puissants
et redoutables, le peuple malgache s’est dressé
courageusement en élevant sans cesse sa détermination et sa combativité.
Dans cette lutte, le peuple malgache, comme tous les peuples du monde,
a appris à se servir de sa culture, cette culture que son ennemi a tenté d’utiliser
pour affaiblir sa détermination, pour diviser ses rangs et pour le détourner
de son juste combat.
<<MADAGASIKARA TANINDRAZANAY >>, chant
MADAGASIKARA TANINDRAZANAY |
MADAGASIKARA, NOTRE PATRIE |
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Madagasikara tanindrazanay Tany sarobidy masina tokoa Lova soa nomen’ny razanay taloha Maty ho anao no tena lazanay.
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Madagasikara, notre patrie ! Terre sacrée, d’un prix inestimable, Précieux héritage légué par nos aïeux, Mourir pour toi est notre plus grande gloire ! |
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‘Sika rehetra izao , akanga miara-dia Tsy azo ho tabaina na ravàna koa Ka hitomban-dahy hiasa re satria Io no loharano fototry ny soa.
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Unis comme un groupe de pintades, Sans peur, marchons d’un même pas au travail, Car du travail jaillissent tous les biens. |
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Malagasy ô! handeha hifankatia Ho mpirahalahy tena iray tampo Ny hifankahala hataovy sanatria Tena iray tokoa ny saina sy ny fo
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Aimons-nous comme frères de même sang Banissons toujours la haine entre nous; Soyons unis d’un même esprit et d’un même coeur |
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Isan’andininy Mitsangana ry tanora Mitsangan k’aza manana ahiahy ‘Zao no andro sady ora Mijoroa sahia tokoa ho lehilahy
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Refrain : Jeunesse debout ! Lève-toi hardiment ! Voici venu le jour et l’heure De te redresser et d’oser te conduire en homme. |
Ce chant de ralliement, cher aux patriotes malgaches, et dont les paroles appellent le peuple - et surtout la jeunesse - à se lever comme un seul homme au service de la patrie, demeure un symbole de 1947.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la majorité des peuples opprimés ployant sous le joug colonial se lançaient à la conquête de leur indépendance. A Madagascar, en particulier, des dizaines de milliers de patriotes se sont levés dans une vaste insurrection politique et armée, implantée surtout sur le versant est, et gagnant toutes les régions de l'île.
Ebranlé dans ses fondements, la puissance coloniale française, à travers son administration et ses troupes armées, a réprimé férocement ce soulèvement populaire, jusqu’à incendier des villages, à exécuter des non-combattants…, faisant plus de quatre-vingt-dix mille morts.
En commémorant les 60 ans du 29 MARS 1947, rendons un hommage vibrant à ces quatre-vingt-dix mille martyrs qui ont bravé la mort pour conquérir l'indépendance, la souveraineté nationale et la liberté.
<< 29 MARS >>, poème de Volonandro
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29 MARTSA
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29 MARS |
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Natao tsy ho sahy, natao tsy hahavita Natao ho malemy, natao tsy hahita Hiantso hitaky ny FAHALEOVANTENA Hijoro, hitsinjo ny zon’ny tena Ity firenena nilonjy, nijaly Nibaby ny ziogan’ny mpanjanan-tany.
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On a cru que vous étiez si timorés, si incapables, tellement dociles et aveugles. Que vous n’auriez jamais osé crier pour exiger l’INDEPENDANCE ni vous dresser pour défendre les droits de ce peuple qui a courbé la tête et qui a souffert d’avoir porté le joug du colonialisme. |
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Natao fa ny ompa, ny gadra, ny vono Natao fa ny vola, ny tamby, ny jono No hahamafy orina ny fanjanahana An’ity tanindrazana liam-pahafahana.
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On pensait que par les injures, les emprisonnements, les tueries On pensait qu’avec l’argent, la corruption et la ruse , On arriverait à bien asseoir le colonialisme. Sur cette patrie éprise de liberté. |
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Tanatin’ny kiaka tanivon-toreo Teo ambavan’ny basy natondro azy ireo Tao amin’ny aizina sy horohoro Taorian’ny rà sy ny nofo efa toro No nahatsinjovana lanitra manga Nitsidika tazana manangasanga Dia FAHAFAHANA FAHALEONVANTENA ela nandrasan’ity firenena.
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C’est au milieu de leurs cris et de leurs gémissements, Au bout du fusil pointé vers eux , Dans les tenèbres et la terreur , C’est après que leur sang eut coulé, et que leur chair fut meurtrie qu’on vit un ciel bleu apparaître à l’horizon: La LIBERTE et l’ INDEPENDANCE Si longtemps attendues par la nation. |
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Miondrika androany ny mahatsiaro Ireo trotraka an’ady mitototra an-tany Ilay tany narovany tsy misy laro Azy, ary ho an’ny dimbiny hatrany.
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S’inclinent aujourd’hui ceux qui honorent la mémoire de ceux qui sont ensevelis sous terre, Cette terre qu’ils ont défendu sans compromis Pour eux mais aussi pour les générations futures. |
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Ry MAHERY FO, ry MPAMAKY LAY RY MPITOLONA ho an’ny FAHAFAHANAY RY VY NAHITANA, RY ANGADY NANANANA MANDRIA AM-PIADANANA
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O! Valeureux pionniers de la lutte Qui aviez combattu pour notre liberté ! Vous qui étiez à l’origine de notre liberté et les artisans pour la conquérir ! Reposez en paix! |
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Après avoir occulté les mouvements populaires de 1947, et même interdit la commémoration de la date historique du 29 Mars, les dirigeants de la Première République ont fini par changer d'attitude, en 1967, en apparence. Pour la première fois, le 29 mars fut officiellement marqué et commémoré, mais en fait, malheureusement, vidé de sa véritable signification. Car cette journée fut considérée comme une "journée de deuil", sans distinguer les patriotes victimes de leurs bourreaux, ni les anticolonialistes des forces répressives colonialistes et leurs agents locaux.
Quant à l'Association des étudiants d'origine malgache (AEOM), dès le début des années soixante elle a refusé de faire de la commémoration du 29 mars 1947 un moment de deuil et d'affliction passive. Elle s'est au contraire attachée à en faire une réunion militante, où l'on exalte l'esprit d'abnégation, de courage et de sacrifice qui a animé les meilleurs fils et les meilleures filles du peuple, tombés en luttant pour une noble cause.
Soixante ans après, quant à la connaissance et à la reconnaissance des événements de 1947 – notons que le terme de troubles ou « tabataba » est parfois employé –, l’on assiste à une avancée appréciable, grâce à des ouvrages publiés sur le sujet, des récits de rescapés, des écrits de témoins, des films, des vidéos documentaires. De même, à Madagascar sont érigés dans tout le pays des obélisques et des stèles mettant en exergue cette page mémorable de l’histoire du peuple malgache. Cependant, en se remémorant ces événements, l’on est en droit de se poser cette question : pourquoi, soixante ans après, les archives détenues par l’administration coloniale restent-elles encore secrètes ? La raison en serait-elle inavouable ?
Dans la continuité du sens que l’AEOM a toujours voulu donner à cette commémoration, nous sommes persuadés que le plus bel et le meilleur hommage que les générations actuelle et futures puissent rendre à tous ces vaillants combattants, est de se pencher sur l’étude de l’histoire des luttes du peuple malgache pour l’indépendance et la liberté, ainsi que sur l’analyse des expériences de lutte des peuples du monde. Pour en dégager, avec modestie et sans complaisance, les leçons qui serviront nécessairement aux forces populaires malgaches pour mener le combat que leur dicte la situation du pays.
| TANY SAROBIDY (CHANT) | PAYS D'UNE VALEUR INESTIMABLE |
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Teny an-dohasaha |
Là-bas dans la vallée
Au premier point du jour Ils se mirent en rang Par centaines, Ils étaient venus Des quatre coins du pays. Ils se préparèrent à l'assaut Ce n'était ni pour la gloire ni pour les honneurs Encore moins pour l'argent ou pour une quelconque rétribution Qu'ils s'étaient mobilisés Mais pour répondre à l'appel de leur terre opprimée Terre précieuse, ô combien sacrée Le 29 Mars ! On les appela " Rebelles ", les amis ! Leurs chaussures : des pieds crevassés Leurs habits : des haillons Leurs armes : dix doigts, des bâtons et des gourdins Leurs adversaires : mitraillettes et canons ! Mais au fond de leur cœur, un courage si ardent Qu'ils osèrent se dresser en hommes véritables A l'appel de leur terre opprimée Terre précieuse, ô combien sacrée ! En 1947 ! Où sont-ils donc ? Où ? Ensevelis dans nos cœurs Tel un engrais ils feront éclore une terre nouvelle Terre précieuse ô combien sacrée. |
Chant écrit et composé, en 1986, par l'atelier culturel de l'AEOM section de Paris pour commémorer le 29 mars 1947.
Pour cette année du 60e anniversaire du 29 mars 1947, l’AEOM organisera une séance publique de commémoration, dans le courant du mois de juin.
Nous vous communiquerons les précisions en temps utile.